« Dracula Mon amour » de Syrie James

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Titre : Dracula, Mon Amour

Auteure : Syrie James

Historique et éthymologie de Dracula par
Aurélie
:

Dracula…

Fruit d’un mélange de  légendes séculaires et d’Histoire, le mythe de Dracula que nous connaissons aujourd’hui a subi de nombreuses transformations depuis le célèbre livre de Bram Stoker, et continue aujourd’hui de fasciner notre société moderne, où les superstitions ne sont plus que l’apanage de très rares communautés ancestrales. Avec le progrès technique, les possibilités d’interpréter cette légende se sont multipliées, à tel
point qu’il est difficile de dire laquelle retransmet au mieux les origines du Comte Dracula.

Cependant, on peut affirmer que B. Stoker fut le fondateur
du mythe ou du moins le plus connu. Son célèbre roman, sobrement intitulé Dracula, date de 1897. Il est le premier texte à présenter une fantaisie autour du personnage de Dracula et
l’érige en monstre (ou héros pour certains) absolu à l’échelle de la littérature. Mais tout inventive qu’elle soit, cette histoire a pour fondation une époque bien antérieure au proche XIXe siècle rien qui constitue le décor du roman de Stoker.

En effet, cette légende a une origine purement historique, car centrée sur un tyran : le prince Vlad III, contemporain du XVe siècle (il meurt en 1476) qui, ayant une réputation de dirigeant cruel et sanguinaire, mais qui, en fait ne l’était pas plus que ses commensaux, l’époque étant assez barbare. Les rumeurs se répandant dès 1463, à propos de milliers de corps empalés devant lesquels Vlad III se délecte, aboutissent à la rédaction d’une Histoire du Prince Dracula écrite du vivant du personnage, et qui aurait eu en réalité un but politique afin de soutenir l’arrestation du Prince par le roi de Hongrie.

Suivent de nombreux traités scientifiques au XVIIIe siècle, dus à une épidémie de vampirisme, et là, parait le premier article sur les vampires (Dom A.Calmet, dans Le Mercure galant avec Traités sur les apparitions des anges, démons, esprits et sur les revenants et vampires de Bohême, Moravie, Silésie.)

Mais ce mélange folklorique-scientifique n’est pas encore LE Dracula. Il manque une part de fantastique, de peur du châtiment, de transgression des lois naturelles (mort, immortalité), qui se trouvent enfouies dans notre inconscient, de même que la peur de la nature sauvage (loups, chauves-souris) des ténèbres. Et pour conjurer cette abomination, la seule solution qu’il restait face à une puissante menace venue tout droit des enfers : la foi, la religion, dernier rempart de l’homme face à la dépravation et les péchés. C’est pourquoi l’on retrouve l’eau bénite, le crucifix, les hosties, le pieu (également référence aux empalements) et l’ail, qui lui, vient certainement du folklore local.

Après cet historique, intéressons-nous à l’étymologie du mot Dracula, juste pour l’anecdote.

Dracula vient de Drac, le dragon ou le diable, car cette ancienne famille transylvanienne aristocrate faisait partie de l’ordre du Dragon, société protectrice des dogmes chrétiens (et oui, j’ai bien dit chrétien) et Draculul étant l’article, les descendants du Prince Vlad Tepes (l’empaleur) furent nommés Draculea ou dracula (fils de Dracula).

L’avis d’Aurélie :

Ayant lu l’œuvre originale de Bram Stoker, cette version revisitée ne m’a pas déçue, au contraire, elle est réussie d’après moi par le fait que l’histoire est racontée du début à la fin par Mina, et permet de ce fait une variante non négligeable de l’histoire, qui est à l’origine un roman épistolaire rythmé par les journaux intimes de différents personnages (Jonathan Harker, Mina, le Dr Seward, Van Helsing le chasseur de vampire.)

Ecrit à la 1ère personne, le récit est d’un langage mélangé entre courant et soutenu, ce qui rend la lecture agréable et cohérente par rapport au journal d’une femme du XIXe siècle.

Cette version très inventive nous plonge vraiment au cœur de cette histoire aux multiples facettes (à l’image de son personnage, Dracula) car elle suit tout de même avec précision celle de Stoker, ce qui pourrait la transformer en une version abrégée et plaisante de cette œuvre originael qui, je l’avoue, m’a parue un tantinet fastidieuse puisqu’elle offre un grand luxe de détails. On va dire qu’il faut être au calme pour tout saisir et ne rien oublier.

Ici, l’auteure (Syrie James) a choisit une ambiance plus romantique (voir érotique) pour établir son récit, et une Mina Harker emplie de rêves, de doutes, enfin un personnage plus complexe qui nous fait part de sa version à elle, et comme elle n’est pas intériorisée chez Stoker, cela est intéressant.

Le défi était vraiment de taille, car reprendre un roman aussi célèbre et aboutit que Dracula en y ajoutant une différence notable et crédible devait se faire en toute subtilité.

Pour ma part, le plus réussi tient à ce que l’auteure de Dracula Mon amour, tout en surfant sur la vague du vampire idéal qui frappe la littérature ado ces dernières années, est sortie des sentiers battus, et nous offre une version revisitée de Dracula où la frontière entre le Bien et le Mal est bien plus fragile que dans celle de Stoker, faisant de Dracula un être voué à la malédiction et aux remords, et non un monstre sanguinaire dénué de conscience.

Pour tous les fans de Dracula ou des vampires en général, à lire, de même que le film Dracula adapté par Francis Ford Coppola.

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4 réflexions sur “« Dracula Mon amour » de Syrie James

  1. Je n’ai pas aimé cette adaptation de Dracula… Mais, il est où le vampire ? Le Dracula tel qu’on le connais n’est pas dans ce livre… Dans ce livre je n’ai trouvé qu’une pâle copie,
    sur-romantique, du personnage qui hantait mes cauchemars quand j’étais petite… Ici, il est bien tout sauf terrifiant, dommage !

    D’ailleurs je viens de publier mon avis sur mon blog.

    Jolie critique, bonne continuation =)

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