Les filles de Riyad de Rajaa Alsanea

L’histoire :

Chaque vendredi, jour sacré chez les musulmans, juste après la grande prière de la journée, l’auteure raconte sur son site internet  la vie et particulièrement la vie amoureuse de ses quatre amies : Lamis, Michelle, Sadim et Gamra.

Au travers de cinquante e-mail, l’auteure décrit les relations que ces filles entretiennent avec leurs familles et avec les hommes. Elle nous fait part également des e-mail de réactions qu’elle reçoit des personnes qui lisent ses textes, ce qui nous plonge dans la conception des relations entre hommes et femmes dans la société saoudienne.  Elle reçoit des e-mails d’insultes, lui reprochant de salir l’image des saoudiennes et de ne respecter la religion musulmane, tout comme d’autres e-mails, l’encourageant dans sa démarche et la remerciant de briser les tabous qui paralysent la population.

Des portraits de femmes mariées de force, répudiées, divorcées, enfermées, insultées, frappées, des portraits d’hommes qui se plient aux exigences familiales quant aux choix de leurs épouses, d’un homme efféminé rejeté par  tout le monde, de mères, qui participent à l’enfermement des femmes, par le respect  du carcan de traditions archaïques, des descriptions de traditions, de règles, de lois suivies à la lettre, sans aucune remise en cause, même si elles causent du tort,  autant d’éléments qui  permettent au lecteur de s’imprégner du poids d’une mentalité sur les libertés individuelles.

 Rajaa Alsanea brosse un portrait acerbe de la place faite aux femmes en Arabie Saoudite et considère que ses e-mails sont un combat qu’elle mène  . Elle écrit d’ailleurs dans son livre :  « Il se pourrait que je me heurte aux mêmes obstacles que Martin Luther King, incarcéré il y a un demi-siècle alors qu’il commençait sa lutte contre les principes erronés de sa société. […] Il ne disait pas qu’il était impossible de changer le monde…« 

L’auteure  n’est pas loin de la réalité puisque son roman a d’abord crée un scandale en Arabie Saoudite et y a été interdit pendant plusieurs années et a été d’abord publié au Liban.

Ce livre ne brille pas pour sa qualité littéraire. Pour autant, il se lit sans grosse difficulté et  son intérêt se situe plus dans la description du poids des traditions au travers du regard de quatre jeunes filles.

Le petit plus de ce roman réside dans la citation de textes de grands poètes du monde arabe.

A lire absolument. A lire içi

Nouria Ouedda

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