La légende des 1000 grues

 

Sadako Sasaki et la légende des 1000 grues

Le 6 et le 9 août 1945 furent pour beaucoup la démonstration ultime de la terreur. De quoi étaient capables les hommes de ce monde. Encore aujourd’hui, nous gardons en mémoire la vie de tous ces gens qui ont été emportées dans l’au-delà. Une stupide création de l’Homme avait anéanti toute une génération de familles, des souvenirs d’une existence paisible ainsi que le refuge de millions de gens.

Nagasakibomb

 Parmi tous ces gens, certains ont survécu. Appelés « Hibakusha », littéralement « Victime de la bombe ». Une des « victimes de la bombe » se prénommait Sadako Sasaki, née le 7 janvier 1943. Une jeune fille japonaise dont la vie avait été bouleversée. Victime de la radiation très importante provenant de la déflagration de la bombe, explosée à un peu plus de deux kilomètres, son corps fut abondamment irradié. Mais pendant la décennie qui suivit, elle semblait être une fille en bonne santé. Elle était heureuse et allait à l’école comme tous les autres élèves. Et se lança même dans la compétition de course à pied. Un jour, elle permit à son équipe de gagner une course, mais à la fin de celle-ci, de violents vertiges apparurent. Croyant tout d’abord que la cause relevait de la fatigue, elle ne s’inquiéta pas. Le réveil de ces vertiges peu de temps après, effraya son entourage et elle même. Particulièrement le jour où celle-ci ne put même plus se relever après être tombée à la renverse dans la classe au milieu des élèves. La vérité fut dévoilée en fin de journée à l’hôpital de la Croix-Rouge. Elle était atteinte d’une maladie : la leucémie. Cette maladie qui décimait une grande partie des rescapés de la bombe atomique.

Portrait Sadoko

Sa meilleure amie, Chizuko, lui apporta un origami représentant une grue en lui expliquant la légende des 1000 grues. Cette légende disait que la grue, l’un des plus gros oiseaux au monde, pouvait vivre pendant 1000 ans et que celui ou celle qui pliera 1000 grues en origami verrai réaliser son vœu ou son rêve le plus cher par les dieux eux-mêmes. Son rêve à elle, c’était de guérir, pour continuer de vivre sa vie paisible et la course à pied. Chaque jour, elle accomplissait au fur et à mesure sa tâche, parfois avec l’aide de ses parents. Cela était devenu une raison de plus pour elle de se battre. Elle n’avait pas d’autres choix que de mettre toutes ses forces dans cette légende et prier pour que les dieux lui permettent de guérir.Néanmoins, cette version de l’histoire se révèle finalement n’être qu’une déformation suite à la parution de livres ou de contes, et ne reflète pas la véritable histoire. Pour le confirmer, il suffit de constater la véritable signification des kanji composant le prénom de Chizuko : 千鶴子, signifiant justement  »Enfant des milles grues ». Cette fille n’aurait donc jamais existé. L’origine de créer des origami serait tout autre, Sadako aurait été étonné par des grues que certains autres patients avaient reçu de la part d’étudiants. Bien sûr, le but était le même : la guérison.

Voici le site tenu par la famille de Sadako où il est possible de faire la distinction entre l’histoire contée et la véritable histoire : http://www.sadako-jp.com/sadako.html

Cependant, elle mourut de sa maladie à l’âge de 12 ans le 25 octobre 1955, en ayant plié un total de 644 grues. Elle fût sortie entre temps de l’hôpital après s’être senti mieux, mais rapidement de retour pour ne pas en sortir pendant 3 ans et demi. Les élèves de sa classe décidèrent pour accomplir sa tâche de plier les grues restantes et une fois finies, d’arborer cette guirlande d’origami sur la tombe dans lequel allait être enterrée la jeune fille, flottant et virevoltant avec le vent. Encore une fois, la véritable histoire est tout autre. Elle aurait plié plus de milles grues (peut-être 1300 ? ou même 1500 ?), en vain… Ses camarades de classe avaient récolté auprès de plus de 3 000 écoles dans 9 pays différents une somme assez importante pour construire une statue à son effigie. Suite à cette histoire, la grue en papier devint un symbole de paix au Japon, et Sadako aussi. Encore de nos jours, il n’est pas rare de voir des écoliers apporter des grues et se recueillir lors d’une sortie scolaire.

Il est possible d’admirer la statue de Sadako Sasaki, tenant dans ses mains ouvertes une grue géante en or, honorée par des guirlandes d’origami chaque année. On peut y lire une inscription à sa base, écrite par les élèves de sa classe :

« Ceci est notre cri. Ceci est notre prière. Paix dans le monde ».

 

De nombreux films et livres parurent, contant son histoire. Ceci étant la cause certaine de la déformation de l’histoire. Dans l’une de ses versions, un Haiku est composé par Sadako :

J’écrirai la paix sur vos ailes,
et vous volerez autour du monde,
de sorte que les enfants ne meurent plus de cette façon.

De nombreux enfants du monde entier ont envoyé et envoient encore à l’heure où j’écris ces lignes des origami à destination d’Hiroshima disposés autour de la statue de Sadako. Si vous aussi cette histoire vous a ému, vous pouvez faire la même chose et envoyer votre grue à l’adresse suivante, qui arrivera forcément à destination :

Peace Promotion Division
The City of Hiroshima
1-5 Nakajima-cho Naka-ku,
Hiroshima 730-0811 Japan

A coup sûr cette histoire se perpétuera de génération en génération. Cet article en est la preuve. L’émotion suscite le partage. Et le partage profite à toutes les générations.

Dominique

 

 

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2 réflexions sur “La légende des 1000 grues

    • Conte ou vérité, peu importe, l’essentiel est de transmettre cette histoire pour qu’elle se perpétue de génération en génération afin que pareilles horreurs ne se reproduisent jamais.
      Voir aussi l’article du 28 novembre dans la rubrique actualité. Un deuxième atelier aura lieu pour atteindre le nombre de 1000 grues.
      Dominique

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