Gothika 2003 américain Réalisé par Mathieu Kassovitz 1h40 avec Halle Berry, Robert Downey Jr., Charles S Dutton

 

Curieusement, c’est le film qu’il a voulu le moins provocateur qui provoque le plus de remous depuis quelques semaines. Il faut dire que pour son septième film, L’Ordre et la morale, Kassovitz n’a pas choisi un sujet facile : la prise d’otage de gendarmes sur l’île d’Ouvéa en 1988 et l’assaut militaire français qui a fait 19 morts en pleine élection présidentielle. La décision de ne plus diffuser le film en Nouvelle-Calédonie déchire depuis le pays, déchiré entre le désir de regarder en face les événements et de censurer un film jugé polémique et caricatural.

Ce thriller fantastique qui met en scène Halle Berry en psychiatre accusée du meurtre de son mari et enfermée dans un asile où elle travaillait est au mieux efficace, au pire insignifiant. Mais à l’époque, le réalisateur est à bout : « Je n’avançais plus sur mon projet et je commençais à déprimer. Je n’avais plus une thune. D’un seul coup, on m’offrait un bon producteur, une actrice qui venait d’avoir un Oscar, un scénario plutôt malin et sept mois de tournage. Et oui, ça m’excitait ! »

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The Lost City of Z 2016 Etats-Unis Réalisé par James Gray 2h20 avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson

Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray😊

Inspiré par l’histoire vraie du colonel anglais Percy Fawcett qui, en 1906, quitta sa famille pour se lancer dans une série d’expéditions en Amazonie à la recherche d’une mystérieuse civilisation perdue, The Lost City of Z marque un profond dépaysement dans l’œuvre de Gray. Pour la première fois, le cinéaste délaisse son New York natal, et avec lui son imaginaire, ses rivalités de petits gangsters et ses intrigues familiales nouées dans la communauté juive du Lower East Side.

Au sommet de sa forme, James Gray réalise un film d’aventures historiques aussi raffiné qu’intelligent.
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Bob film !

How to Talk to Girls at Parties 2017 Etats-Unis – Grande-Bretagne Réalisé par John Cameron Mitchell 1h42 avec Nicole Kidman, Elle Fanning, Alex Sharp

- Film présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2017
- Ouverture du Champs Elysées Film Festival, le mardi 12 juin 2018

Résumé : 1977 : trois jeunes anglais croisent dans une soirée des créatures aussi sublimes qu’étranges. En pleine émergence punk, ils découvriront l’amour, cette planète inconnue et tenteront de résoudre ce mystère : comment parler aux filles en soirée

En attendant les hirondelles 2017 France Réalisé par Karim Moussaoui 1h53 avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani

Karim Moussaoui signe un film à la fois sensuel et rageur, où l’histoire pèse sur les consciences.

Sélectionné au dernier Festival de Cannes, dans la section Un certain regard, En attendant les hirondelles a reçu fin juillet le Grand Prix au Festival d’Oran du film arabe. En Algérie, le premier long-métrage de Karim Moussaoui a été accueilli par une critique globalement positive. Voici ce qu’il faut en retenir, en trois points.

  • Un petit bijou de poésie et de nostalgie

Trois histoires, trois générations : En attendant les hirondellessuit tour à tour trois protagonistes en plein dilemme. “Confrontés à des choix impossibles, les personnages de Karim Moussaoui tentent par tous les moyens d’échapper à la fatalité pour tenter d’imposer leur singularité, pour exister en tant qu’individus, pour vivre intensément. Cela donne au final un film sincère et inconsolable, comme le sont les protagonistes des trois histoires”commente Le Quotidien d’Oran.

« The Third Murder » de Hirokazu Kore-eda – Date de sortie 11 avril 2018 (2h 05min)

Délaissant le drame familial pour le thriller, le Japonais Kore-Eda nous entraîne dans un fascinant face-à-face entre un meurtrier et son avocat.Ce film noir à la mise en scène très maîtrisée est une réflexion puissante sur la justice et la vérité dans un pays où la peine de mort est toujours en
vigueur.

Un coup de Maître !

« Loving » 2016 Réalisé par Jeff Nichols 2h3 avec Ruth Negga, Joel Edgerton, Will Dalton

Résumé : Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine. 

Le réalisateur américain bouleverse en retraçant la résistance d’un couple mixte à une loi raciste de l’Etat de Virginie.

Or cette histoire vraie est exemplaire, qui dit que, quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. Formule ici moins insurrectionnelle que juridique : Mildred et Richard Loving, résidant dans l’Etat de Virginie, se marient en 1958 dans le district voisin de Columbia, et sont inculpés à leur retour …

La beauté d’une telle histoire a plusieurs directions possibles : l’une serait politique, qui concernerait le droit dans ses rapports avec la vie humaine et avec l’amour… A vous de le découvrir !


« The Night Of » • Etats-Unis • Créée par Richard Price • Avec Riz Ahmed, Bill Camp, John Turturro

Synopsis

A New York, Nasir, un étudiant d’origine pakistanaise, emprunte en secret le taxi de son père pour se rendre à une soirée. Il croise la route d’une inconnue qui le trouble. Quelques heures après, il se réveille dans la maison de la jeune femme qu’il découvre baignant dans son sang. Ne se souvenant de rien, il prend la fuite mais finit par être arrêté. Commence alors pour lui un véritable cauchemar qui va l’entraîner dans les méandres du système judiciaire américain. Une adaptation américaine de la série britannique de Peter Moffat «Criminal Justice», développée initialement par James Gandolfini, dont le rôle a été repris par John Turturro.

La série dépeint de façon subtile comment les musulmans américains, aussi bien intégrés soit-ils, sont devenus des cibles dans l’esprit de l’américain moyen après le 11 Septembre. Non seulement le musulman est forcément suspect, mais en plus, il doit composer avec le regard de sa propre communauté déjà sous pression. Un regard acéré qui ne donne pas la place au pardon, qui juge. Dès lors, Nasir porte un double fardeau : celui de sa propre histoire et celui de sa communauté. Cet aspect social s’étend en un sens aux afro-américains qui ne semblent pas si éloignés que cela du destin de Nasir. La rencontre entre Nasir et Freddy Knight en prison donne un écho particulièrement cruel à cette relation. L’arabe et le noir, le terroriste et le criminel dans l’inconscient collectif. The Night Of ne fait pourtant pas l’erreur d’absoudre tout le monde et sait faire la part des choses. Oui, des noirs peuvent commettre des crimes. Oui, des musulmans peuvent être des terroristes. Mais, scoop, les blancs aussi. La nuance, voilà ce qui constitue l’un des piliers de cette remarquable série.