« Tonnerre » – 2013 Réalisé par Guillaume Brac 1h42 avec Vincent Macaigne, Solène Rigot, Bernard Menez

C’est tout simple et incroyablement touchant. A quoi ça tient ? A cette drôle d’alchimie sentimentale dont Guillaume Brac a le secret : de la sensibilité et une ­dérision légère, qui transforment la chronique en conte poétique, jamais mièvre — le film ­intègre même une violence proche du fait divers. Il se dit des choses dures, trop longtemps inavouées. Par exemple entre Maxime et son père, sacré zigomar, cycliste, récitant du Musset, collectionnant les femmes. L’histoire de ce lien entre le père et le fils, entre distance et complicité, fait aussi le prix du film. L’affection entre les êtres y est toujours forte, qu’elle soit protection feutrée ou brûlure. Comme la neige.

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« Kings » Réalisateur : Deniz Gamze Ergüven Acteurs : Halle Berry, Daniel Craig, Kaalan Walker – Date de sortie : 11 avril 2018 Durée : 1h30mn

Un coup de tonnerre avant-gardiste contre le racisme, la discrimination et la circulation des armes aux Etats-Unis.

1992, dans un quartier populaire de Los Angeles. Millie s’occupe de sa famille et d’enfants qu’elle accueille en attendant leur adoption. Avec amour, elle s’efforce de leur apporter des valeurs et un minimum de confort dans un quotidien parfois difficile. À la télévision, le procès Rodney King bat son plein. Lorsque les émeutes éclatent, Millie va tout faire pour protéger les siens et le fragile équilibre de sa famille.

les événements décrits rappellent l’actualité récente des Etats-Unis où un certain Donald Trump s’était malheureusement positionné contre des activistes qui manifestaient pour les les droits civiques, semblant en sous-texte cautionner l’idée d’une suprématie blanche. Les néo-nazis américains avaient fait un mort !

« Paris » – France (2013) 1 saison / 6 épisodes – Réalisateur : Gilles Bannier Avec : Eric Caravaca , Florence Pernel

« Paris » en un subtil chassé-croisé

Les douze personnages de cette série chorale écrite par Virginie Brac nous emportent dans la vie réelle aux quatre coins de la capitale.

Et c’est une transsexuelle, Alexis devenu Alexia, à qui revient le rôle de créer, involontairement, le lien, plus ou moins étroit, entre tous ces personnages. Alexia, que l’on découvre dès les premières images de l’épisode 1, chantant au Sunset, à Pigalle, et qu’interprète avec beaucoup de simplicité et de naturel Sarah-Jane Sauvegrain, déjà vue dans une autre série d’Arte, « Ainsi soient-ils ».

Le cynisme du monde politique

Certes, la mécanique des chassés-croisés sur laquelle repose « Paris » ne permet pas de dessiner un portrait psychologique en profondeur de chacun des protagonistes. Elle ne nuit pas, en revanche, à la description très réaliste du Paris d’aujourd’hui et du cynisme dont sait faire preuve le monde politique.

 

Notons cependant que l’artiste transgenre, le rôle central de la série, est de façon surprenante interprété par une femme, par ailleurs très jolie, alors même que son personnage, Alexis, est toujours un homme, sous traitement hormonal depuis trois ans et en attente de l’opération – ce que cette fiction ose dévoileravec tact.

«Paula», biopic allemand de Christian Schwochow avec Carla Juri, Albrecht Abraham Schuch, Roxane Duran, Stanley Weber, Joel Basman… Durée : 2 h 3.

« Paula » s’invite sur grand écran. Dans ce film, le cinéaste Christian Schwochow repeint la vie de Paula Modersohn-Becker ; artiste oubliée par l’histoire. Elle s’appelait Paula Modersohn Becker (1876-1907), était allemande, mariée, à Brême, au peintre Otto Modersohn.

Une faim d’art jamais rassasiée

Entre son premier séjour fondateur à Paris en 1900 et sa mort, sept ans plus tard, la capitale française constitue son seul point d’ancrage artistique. Elle y séjourne quatre fois, abandonnant mari et famille pour de longues périodes, souvent tentée de ne pas rentrer. Elle suit des cours à l’Académie Julian, veut tout voir, les galeries, les musées, l’art moderne, Cézanne, Gauguin, les Nabis, l’art ancien au Louvre, où elle tombe en arrêt devant les portraits funéraires du Fayoum.
Elle rend visite à Rodin, présentée par Rainer Maria Rilke (1875-1926) qui est son secrétaire, et reste éberluée par les dessins de nu du sculpteur, d’une évidence écrasante. Elle rencontre Maurice Denis, Edouard Vuillard, le Douanier Rousseaudans son atelier du 14e arrondissement, à qui elle emprunte, en un malicieux clin d’œil, des rameaux naïvement découpés.
Paula Modersohn-Becker n’a pas trente ans et une « faim d’art  » jamais rassasiée, écrit-elle à sa sœur. Tout ce qu’elle emmagasine à Paris la nourrit en Allemagne. Toute l’énergie phénoménale déployée dans son atelier de Worpswede lui donne envie de retourner à Paris.

« Mon cousin Vinny  » 1992 Réalisé par Jonathan Lynn 1h59 avec Joe Pesci, Ralph Macchio, Mitchell Whitfield »

 

Une bonne comédie bien ficelée avec un Joe Pesci épatant en avocat débutant mais sûr de lui, alors qu’il ne maîtrise absolument rien de la procédure judiciaire américaine et va d’erreur en catastrophe. Tous les secrets du film de tribunal revus et corrigés pour aboutir à des situations parfaitement cocasses, sans compter le background d’un bled absolument paumé, et une Marisa Tomei jolie comme un cœur qui n’est pas la dernière a tout faire pour que ce procès vire à la catastrophe la plus absolue…

Pentagon Papers de Steven Spielberg, avec Meryl Streep, Tom Hanks, Matthew Rhys, Bob Odenkirk. Durée: 1h55. Sortie le 24 janvier 2018

Inspiré de faits réels datant d’il y a près de cinquante ans, le film de Steven Spielberg est un vibrant éloge de la liberté de la presse et de l’égalité des sexes qui se veut pamphlet anti-Trump, sans prendre en compte tout ce que la situation contemporaine a de singulier.

Une réponse dans l’urgence

Réagissant au quart de tour à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et à son utilisation manipulatrice de l’information comme à ses tentatives de bâillonner les enquêtes indépendantes des grands médias, Spielberg a bouleversé son plan de travail (consacré au film de science fiction Ready Player One) pour tourner et sortir à toute vitesse Pentagon Papers.

Le film s’inspire, comme on sait, de l’histoire réelle des documents secrets révélés grâce à un analyste de l’armée américaine, Daniel Ellsberg, et diffusés par le New York Times, puis, après que le président Nixon ait fait bloquer la parution par un juge, par le Washington Post, et repris ensuite, face aux pouvoirs exécutifs et judiciaires coalisés, par de nombreux titres de presse.