The Lost City of Z 2016 Etats-Unis Réalisé par James Gray 2h20 avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson

Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray😊

Inspiré par l’histoire vraie du colonel anglais Percy Fawcett qui, en 1906, quitta sa famille pour se lancer dans une série d’expéditions en Amazonie à la recherche d’une mystérieuse civilisation perdue, The Lost City of Z marque un profond dépaysement dans l’œuvre de Gray. Pour la première fois, le cinéaste délaisse son New York natal, et avec lui son imaginaire, ses rivalités de petits gangsters et ses intrigues familiales nouées dans la communauté juive du Lower East Side.

Au sommet de sa forme, James Gray réalise un film d’aventures historiques aussi raffiné qu’intelligent.
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En attendant les hirondelles 2017 France Réalisé par Karim Moussaoui 1h53 avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani

Karim Moussaoui signe un film à la fois sensuel et rageur, où l’histoire pèse sur les consciences.

Sélectionné au dernier Festival de Cannes, dans la section Un certain regard, En attendant les hirondelles a reçu fin juillet le Grand Prix au Festival d’Oran du film arabe. En Algérie, le premier long-métrage de Karim Moussaoui a été accueilli par une critique globalement positive. Voici ce qu’il faut en retenir, en trois points.

  • Un petit bijou de poésie et de nostalgie

Trois histoires, trois générations : En attendant les hirondellessuit tour à tour trois protagonistes en plein dilemme. “Confrontés à des choix impossibles, les personnages de Karim Moussaoui tentent par tous les moyens d’échapper à la fatalité pour tenter d’imposer leur singularité, pour exister en tant qu’individus, pour vivre intensément. Cela donne au final un film sincère et inconsolable, comme le sont les protagonistes des trois histoires”commente Le Quotidien d’Oran.

La Servante écarlate de Margaret Atwood

la servante écarlayeL’intrigue se déroule dans un futur très proche, où les Etats-Unis ont été renversés par une dictature religieuse, la « République de Gilead », à une époque où, pour des raisons environnementales floues, les humains ont vu leur fertilité s’effondrer. Les rares femmes encore capables de procréer, telle l’héroïne Offred, incarnée à l’écran par Elisabeth Moss, ont été transformées en esclaves sexuelles au service des dirigeants de Gilead, qui les violent au cours de cérémonies religieuses mensuelles.

La Servante écarlate est un roman dystopique sorti en 1985, qui a vu son impact décuplé par son adaptation à la télévision, sous la forme d’une série dont la diffusion a commencé en avril 2017 sur la plate-forme américaine Hulu.

Très vite, ce récit apocalyptique reléguant la gent féminine en objet s’est imposé pour les anti-Trump comme une parabole de la dérive conservatrice américaine et des agressions sexuelles subies par les femmes.

Si le hasard a fait que vous n’avez jamais entendu parler de ce roman – une vie de moine bouddhiste, sans aucun doute -, voici ce que raconte le roman devenu culte de Margaret Atwood

 

« The Third Murder » de Hirokazu Kore-eda – Date de sortie 11 avril 2018 (2h 05min)

Délaissant le drame familial pour le thriller, le Japonais Kore-Eda nous entraîne dans un fascinant face-à-face entre un meurtrier et son avocat.Ce film noir à la mise en scène très maîtrisée est une réflexion puissante sur la justice et la vérité dans un pays où la peine de mort est toujours en
vigueur.

Un coup de Maître !

« La question » de Henri Alleg

Soumis à des saisies et à la censure, devenu l’une des bêtes noires de la colonisation, le journal Alger Républicain est interdit en 1955, alors que l’insurrection éclate. Son directeur Henri Alleg entre dans la clandestinité, écrit des articles qu’il fait publier anonymement en France, notamment dans l’Humanité. Alleg est un militant communiste, décédé en 2013, né en 1921, installé en Algérie dès 1939, il sera d’abord journaliste à l’Alger Républicain, journal communiste, avant d’en devenir directeur. Ce journal, qui prend parti pour l’indépendance de l’Algérie, est interdit en 1955, Alleg verse dans la clandestinité, parvient à envoyer quelques articles à l’Humanité, est finalement arrêté le 12 juin 1957. C’est là que débute La Question.

Le livre sera écrit en prison, à Alger, transmis clandestinement aux avocats. Le drame est que tous les témoignages sont sujets à caution. Les militaires impliqués nieront, l’un d’eux, le lieutenant Erulin, connaîtra son jour de gloire, devenu colonel, en réussissant l’opération Kolwezi, au Zaïre de Mobutu (…et de Giscard), certains affirmeront qu’Alleg, bien loin d’avoir résisté, s’est allongé et a permis l’arrestation de nombreux communistes de l’Algérois. Le général Aussaresses, éminent spécialiste en la matière, confirmera les tortures sur Alleg, tout en disculpant les militaires cités.

La suite est banalement triste. Henri Alleg est condamné en 1960 à 10 ans de prison pour atteinte à la sûreté extérieure de l’état, reconstitution de ligue dissoute, il parvient à s’évader lors d’un séjour à l’hôpital, grâce à l’aide de militants communistes, dont Alfred Locussol (l’O.AS. l’assassinera), il gagne la Tchécoslovaquie, revient en France après les accords d’Evian, repart en Algérie, et doit quitter le pays après le coup d’état de Houari Boumediène, il avait misé sur Ben Bella.

La Question est et demeure, aujourd’hui une question pour nous tous. « 

« Loving » 2016 Réalisé par Jeff Nichols 2h3 avec Ruth Negga, Joel Edgerton, Will Dalton

Résumé : Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine. 

Le réalisateur américain bouleverse en retraçant la résistance d’un couple mixte à une loi raciste de l’Etat de Virginie.

Or cette histoire vraie est exemplaire, qui dit que, quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. Formule ici moins insurrectionnelle que juridique : Mildred et Richard Loving, résidant dans l’Etat de Virginie, se marient en 1958 dans le district voisin de Columbia, et sont inculpés à leur retour …

La beauté d’une telle histoire a plusieurs directions possibles : l’une serait politique, qui concernerait le droit dans ses rapports avec la vie humaine et avec l’amour… A vous de le découvrir !


« The Night Of » • Etats-Unis • Créée par Richard Price • Avec Riz Ahmed, Bill Camp, John Turturro

Synopsis

A New York, Nasir, un étudiant d’origine pakistanaise, emprunte en secret le taxi de son père pour se rendre à une soirée. Il croise la route d’une inconnue qui le trouble. Quelques heures après, il se réveille dans la maison de la jeune femme qu’il découvre baignant dans son sang. Ne se souvenant de rien, il prend la fuite mais finit par être arrêté. Commence alors pour lui un véritable cauchemar qui va l’entraîner dans les méandres du système judiciaire américain. Une adaptation américaine de la série britannique de Peter Moffat «Criminal Justice», développée initialement par James Gandolfini, dont le rôle a été repris par John Turturro.

La série dépeint de façon subtile comment les musulmans américains, aussi bien intégrés soit-ils, sont devenus des cibles dans l’esprit de l’américain moyen après le 11 Septembre. Non seulement le musulman est forcément suspect, mais en plus, il doit composer avec le regard de sa propre communauté déjà sous pression. Un regard acéré qui ne donne pas la place au pardon, qui juge. Dès lors, Nasir porte un double fardeau : celui de sa propre histoire et celui de sa communauté. Cet aspect social s’étend en un sens aux afro-américains qui ne semblent pas si éloignés que cela du destin de Nasir. La rencontre entre Nasir et Freddy Knight en prison donne un écho particulièrement cruel à cette relation. L’arabe et le noir, le terroriste et le criminel dans l’inconscient collectif. The Night Of ne fait pourtant pas l’erreur d’absoudre tout le monde et sait faire la part des choses. Oui, des noirs peuvent commettre des crimes. Oui, des musulmans peuvent être des terroristes. Mais, scoop, les blancs aussi. La nuance, voilà ce qui constitue l’un des piliers de cette remarquable série.