Les artistes des 4 accorderies parisiennes exposent au Local 14 Du 11 janvier au 10 février, venez admirer les œuvres des accorderies de Paris Sud, Paris 18, Paris 19 et du Grand Belleville.

https://quefaire.paris.fr/70523/exposition-des-artistes-des-accorderies-parisiennes

 

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On vous attends nombreux !!!!

 

 

 

 

« Mon cousin Vinny  » 1992 Réalisé par Jonathan Lynn 1h59 avec Joe Pesci, Ralph Macchio, Mitchell Whitfield »

 

Une bonne comédie bien ficelée avec un Joe Pesci épatant en avocat débutant mais sûr de lui, alors qu’il ne maîtrise absolument rien de la procédure judiciaire américaine et va d’erreur en catastrophe. Tous les secrets du film de tribunal revus et corrigés pour aboutir à des situations parfaitement cocasses, sans compter le background d’un bled absolument paumé, et une Marisa Tomei jolie comme un cœur qui n’est pas la dernière a tout faire pour que ce procès vire à la catastrophe la plus absolue…

Pense aux pierres sous tes pas – Antoine Wauters

Sa s’intitule Pense aux pierres sous tes pas et c’est un roman comme il en est peu.
Cela se passe aujourd’hui dans un étrange royaume campagnard et quelque peu burlesque. Wallonie ? Sardaigne ? Ailleurs ? Les noms des gens et des lieux ici utilisés sont de toute façon inédits. Mais il y a surtout cette ferme où toute une petite famille trime dur, avec Paps et Mams et les jumeaux, Marcio le fils, Leo la fille. À l’occasion, les parents brutalisent leur enfants ou se brutalisent eux-mêmes. Mais voici le nœud de l’affaire : frère et sœur s’aiment au point de vouloir échanger leurs sexes (belle idée, au fond…). Toujours est-il que Paps les surprend dans le fenil alors qu’ils sont en train de “se manger”. Se manger ! Les voluptés adjacentes sont par la suite nommées de maintes façons, s’agissant du bas comme du haut du corps. Et c’est tellement bon que les jeunes incestueux voudraient ne jamais s’arrêter. Mais les travaux des champs les réclament : durement réprimé, le jeune couple est renvoyé à la terre. Mieux : la si désirante Leo est expédiée chez l’oncle Zio, un brave homme qui ne se prive pourtant pas de traiter sa nièce voluptueuse de carne et de la mener travailler aux champs jusqu’à l’épuisement. Par ailleurs, si Marcio le frère n’a pu suivre sœurette, ce n’est pas le cas de l’ami Zbabou qui, venu aussi de la ferme d’origine, rejoint Léo et, tout mal équipé qu’il soit génitalement, ne se prive guère des soins sexuels que lui prodigue la jeune fille.

Dans le récit en cours, prédomine ainsi une joyeuse fantasmagorie selon laquelle tout peut se dire et son contraire. C’est qu’à l’intérieur d’une histoire en gros cohérente sont permises toutes les bifurcations et toutes les virevoltes. De là, le bonheur du lecteur entraîné sans trêve dans le biscornu. On pense ici à certaine littérature anglaise de jadis cultivant un imaginaire du même tonneau et jouant gaiement de l’invraisemblance et de la fantaisie.

Par ailleurs, le présent roman inscrit son modèle dans un épisode politique, qui tient du coup d’État au sein d’une république vaguement bananière. Où l’on voit le colonel Bokwangu détrôner Desotgiu et promettre au peuple travail, meilleur pouvoir d’achat et abondance. « Dans les rues, on se mit à voir fleurir des affiches de villes, où tout était propre, calme, avec des filles bronzées posant devant des banques, des chambres d’hôtel, des saunas et des solariums, ou au volant d’immenses bolides. » (p. 29) Mais les pauvres gens des plaines ne veulent pas de cette modernité factice. Ils aspirent certes à l’aisance mais, plus que tout, à la liberté, à la pleine jouissance de soi. On notera que cette autonomie partiellement conquise s’exprime à même l’écriture chez Antoine Wauters. Le récit s’écoule souvent gaiement, sans craindre le tête à queue soudain. Sainte Queue est d’ailleurs le juron favori d’indigènes qui donnent volontiers dans la satire touristique.

Antoine Wauters © Lorraine Wauters

Où l’on en revient ainsi et sans forcer à la libido. Sans plus faire cas de son frère, Léo s’en donne à cœur joie avec Zbabou. Et de narrer sans retenue : « puis, pendant que je prenais Zbabou en bouche — une main serrant sa queue et ma langue faisant le reste — lui, qui ne pouvait toujours pas respirer, glissait sa main où ça me faisait trembler et où j’étais vivante. / Le reste alors n’importait plus. Il n’y avait plus que nous. Nous et les arbres. Nous et le vent. » (p. 73) Il est quelque chose d’édénique dans le roman de Wauters mais selon un paradis assez bancal. Cela va d’ailleurs tourner mal lorsque le pacifique Zio, qui est sans doute, avec son nom tautologique, la plus belle figure du roman, accomplira deux actes mémorables et dont le sens politique est patent. L’oncle commence par égorger toutes ses bêtes pour en répartir la viande parmi les villageois. Et ce sera, pour tous, manière de conjujurer les taxes. Par après, Zio ira poser une bombe à la Costa Lolla, à proximité du yacht dans lequel voyage habituellement le dictateur. Tentative vaine : Zio se retrouve dans les geôles du Régime dont il ne sortira plus.

Prendra alors la tête de la collectivité Mama Luna, une sorcière bien aimée qui entraîne le peuple dans une transhumance éducative. Chacun des migrants devra, à tour de rôle, égrener une liste de mots de son invention. Miracle : cette thérapie libératrice va rendre aux gens le goût du travail et de la saine production. Seront ainsi sorties de terre, livrées et vendues de grosses quantités de fraises vouées à un succès international. Presse et télé s’emparent du sujet. Là-dessus, les citoyens obtiennent des droits nouveaux en échange de leurs fruits. Mais la leçon de cette épopée villageoise n’en ressort pas plus claire. Bokwangu s’accroche au pouvoir. Les travaux de couture de Mama Luna n’ont plus de succès. Seules leçons tirées de l’imbroglio déjanté que domine la fin du récit : 1° toute modernité est mythique ; 2° Léo et Marcio en ont fini avec l’enfance.

Pense aux pierres sous tes pas
Samuel Desprez

Un profil pour deux 2017 Réalisé par Stéphane Robelin 1h39 avec Pierre Richard, Yaniss Lespert, Fanny Valette

 

Un profil pour deux comporte aussi quelques séquences beaucoup plus esthétiques. On a notamment de très belles images de Paris accompagnées d’une jolie bande son mélancolique. Des plans qui flattent l’œil du spectateur et installent une ambiance très « film français » particulièrement chaleureuse. Au final, Un profil pour deux est un long-métrage agréable mais loin d’être exceptionnel. Globalement très inégal, le film peine parfois à garder le rythme. Malgré tout, on en ressort satisfait, après avoir passé un bon moment devant cette comédie romantique parfois trop classique mais aussi joyeusement atypique.

 

 

 

 

2 Days in Paris 2007 Réalisé par Julie Delpy 1h36 avec Julie Delpy, Adam Goldberg, Daniel Brühl

Ce petit film a tout d’un grand. Avec une habileté qui ne paraît jamais calculée, Julie Delpy réussit, pour sa première réalisation, à marier la séduction du cinéma d’auteur français et celle du cinéma américain « intello », à la Woody Allen. Une fusion qui s’incarne en deux amoureux assortis-désassortis, Marion la Française et Jack le New-Yorkais caractériel. Ils passent leur temps à se prendre le bec sur des questions d’amour, de sexe et de culture, tout en marchant sous le ciel de Paris.

2 Days in Paris n’est pas qu’un heureux cocktail d’humour spirituel, de charme et de piment. Julie Delpy sait faire entrer la vie dans ce film qui dépasse son modèle, Before sunset (2005), de Richard Linklater, dont elle fut actrice et coscénariste. On sent ici un investissement personnel qui renouvelle le jeu entre fiction et réalité. On découvre la réalisatrice-actrice impertinente, et même d’une grande bizarrerie à l’occasion. En faisant jouer le père et la mère de Marion par ses propres parents, elle revendique un non-conformisme héréditaire. De quoi faire basculer des situations toutes simples (sortie au marché, déjeuner…) du côté d’un happening où s’invite un petit vent de folie.

La Moustache Un Long métrage de Emmanuel Carrère Produit par Les Films des Tournelles Sortie en France : 06/07/2005

« Qu’est-ce que tu dirais si je me rasais la moustache ? » demande Marc à Agnès. « Je ne sais pas. Je t’aime avec mais je t’ai jamais connu sans. » Elle sort un moment faire des courses, le laissant devant le miroir de la salle de bain. Et il le fait. Comme ça : par jeu, pour voir la tête qu’elle fera. Elle rentre et ne fait aucune remarque. Le plus drôle, c’est qu’elle a vraiment l’air de ne rien remarquer. Les autres non plus.