« Tan de Repente » Réalisé par Diego Lerman

Un film Argentin de 2003. 

Mao et Lénine, deux punkettes lesbiennes, font une proposition indécente à Marcia, vendeuse de lingerie seule au monde. Courroucée puis séduite par leur franc-parler, Marcia se prend à leur jeu et les suit jusqu’à la mer.

Tan de repente malmène un scénario piquant par de brusques déraillements. Le road-movie bat de l’aile passée les premiers kilomètres, la promesse de coucherie s’érige en vague histoire d’amour. Diego Lerman ne s’impose aucune contrainte. Deux-trois raccourcis bien tournés et les auto-stoppeuses emménagent chez la tante de l’une d’entre elles.

Délicieux, des actrices et acteur sublimes ! Un vrai régal sur un coulis de bonnes musiques !

 

Blue de Kiriko Nananan


Kayako est en dernière année de lycée, en proie aux doutes comme toute adolescentes, elle se sent très attirée par sa camarade de classe Endo Masami, une élève qui traîne un lourd passé derrière elle. Sa fascination pour cette jeune fille la pousse un beau jour à enfin lui adresser la parole, c’est alors le début d’une douloureuse relation sentimentale…

Loin des mangas habituels dans le style et dans la narration, Blue est une œuvre pleine de poésie qui concentre toute l’attention sur les deux héroïnes avec un dessin épuré et très linéaire, tout en noir, gris et blanc (parfois au détriment de la compréhension, tant les visages des deux personnages se ressemblent).blue

Avec beaucoup de simplicité et de naturel, Kiriko Nananan nous fait entrer dans l’intimité de jeunes filles japonaises remplies de questions et de doutes. Publiée en 1996, cette histoire a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Hiroshi Ando en 2001.

« Délivrances » de Toni Morrison : la puissance littéraire d’une grande dame de 84 ans

« Délivrances » le dernier roman de Toni Morrison est le portrait de Lulla Ann Bridewell, fille de « mulâtres au teint blond », mal aimée par sa mère parce que trop noire. Un roman court et intense, où il est question d’enfances massacrées et de l’amour comme possibilité de renaissance. Un livre magnifique d’une grande dame de la littérature américaine.

«Délivrances», le onzième roman de la Prix Nobel de littérature, continue à scruter la ségrégation raciale et le racisme. Lula Ann devenue Bride est la victime de son apparence, de son corps, de sa peau… Entre fantastique et fable sociale, l’auteure de «Beloved» s’impose, magistralement, et en toute liberté.

Délivrances est un nouveau petit chef d’œuvre de l’auteure de Beloved et Home.

Un régal !!!

Noire de Tania de Montaigne

 

 

noireQui ne connait pas Rosa Parks ? Et pourtant, qui connaît Claudette Colvin ? C’est là tout le paradoxe que soulève et démontre Tania de Montaigne dans son ouvrage,véritable hommage à cette femme toujours en vie aujourd’hui.
On découvre Claudette Colvin, cette héroïne méconnue, mais l’auteur met également des noms sur ces noirs qui, à l’image de Rosa Parks, ont osé refuser de s’effacer devant des blancs. Un ouvrage qui enseigne beaucoup sur ce combat et sur la ségrégation et son impact sur le quotidien des noirs dans les années 50.
En plaçant le lecteur dans la peau d’un noir dans les années 50, Tania de Montaigne souhaite nous faire ressentir l’injustice, les difficultés de chaque moment du quotidien. Car on a beau avoir entendu parler de la ségrégation raciale, de ces séparations permanentes entre noirs et blancs, avons-nous réellement pris conscience de l’impact que cela avait sur le quotidien ?  Sur les petites choses de chaque jour pour lesquelles des obstacles viennent tout compliquer ?

A « Single Man ou Un homme au singulier » réalisé par Tom Ford

Adapté du roman éponyme du Britannique , Christopher Isherwood.

Los Angeles, 1962.

Depuis qu’il a perdu son compagnon Jim dans un accident, George Falconer, professeur d’université Britannique, se sent incapable d’envisager l’avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie la belle Charley, elle-même confrontée à ses propres interrogations sur son futur, George ne peut imaginer qu’une série d’évènements vont l’amener à décider qu’il y a peut-être une vie après Jim.

A Single Man est un film délicat, intelligent.

Je le conseille vivement surtout pour ceux qui sont sensibles à la photographie.

 

« Le Secret de Brokeback Mountain » Réalisé par Ang Lee

Eté 1963, Wyoming.
Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain.
Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’inattendue.
A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer.
Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen.
Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l’amour né à Brokeback Mountain.

Bouleversant, tendre et plein de délicatesse.

Très belle histoire d’amour !!!

Rouge Tagada de Charlotte Bousquet

Quatrième de couverture: rouge tagado 2

Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconné, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous.

Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds. Il y avait aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm.
Mais il n’y avait qu’une Layla.

Alex est une ado épanouie qui rentre en quatrième. Une nouvelle arrive, Layla,. Elle fascine tout de suite Alex. Toutes deux deviennent meilleures amies mais, pour Alex, c’est plus que cela. Layla est devenue le centre de sa vie, sa passion jusqu’au jour où Layla part en vacances sans elle et revient, changée…

  Coup de coeur pour cette oeuvre intelligente et bien dessinée sur des amours singulières.

Droit du sol, de Charles Masson

droit du solL’intérêt de cet album instructif tient à ses personnages.  L’histoire se déroule à Mayotte.. , l’ile accueillante…. Revenons donc à nos personnages :

Il y a Serge le frustré adipeux, Pierre le toubib, parti plus pour prendre quelque distance avec son épouse que pour soigner une humanité dans le besoin, ou encore Jacques l’héroïnomane en mal de sevrage. Tous s’éprennent qui de Lucie, qui d’Anissa ou de Marie, belles beautés des îles et clandestines en quête de mariage… ou pas.

Charles Masson dresse le portrait de ces Français exilés et de ces clandestins ayant survécus à la périlleuse traversée. Au fil de l’histoire, les personnages évoluent, tout en levant le voile sur les aspects peu reluisants de l’île (prostitution, arnaques en tout genre,…). Il souligne l’évolution du regard des mahorais et des métropolitains au fur et à mesure des changements politiques. L’arrivée de Sarkozy à la tête de l’État va par exemple précipiter la « chasse »  aux clandestins qui avaient jusque là plus ou moins leur place dans la société mahoraise. Il pose aussi un regard critique sur le système de santé à travers les personnages de médecin et de Danièle la sage femme.  A son arrivée, Danièle est là pour accoucher les femmes toutes nationalités confondues. Tous les soins sont gratuits. Mais voilà il faut rentabiliser les soins. Les femmes n’auront plus droit à l’Entonox (gaz qui sert à endormir les patientes puisqu’il n’y a pas de péridurales) pour apaiser les douleurs lors de l’accouchement… Comme le dit le chef de service « les femmes accouchant naturellement et sans douleur sur cette île, il ne sera plus nécessaire de les endormir au gaz dans les salles d’accouchement… » (p.251)

C’est dans ce coin de l’océan Indien que Danielle, la sage-femme idéaliste, débarque. Ce spectacle, mis en scène par quelques-uns de nos concitoyens, elle le résume d’une formule : “Je suis venu pour donner, pas pour prendre ni me terrer.

« Droit du sol » raconte aussi le destin des clandestins comoriens venus chercher sur l’île de Mayotte, 101ème département français depuis avril 2013, une nouvelle vie plus heureuse, moins pauvre. Laissés pour compte de la République, ils sont d’abord exploités par les passeurs et leurs bateaux Kwassa-Kwassa, quand ils ne sont pas violés ou jetés à l’eau, puis refoulés dans les hôpitaux pour que les femmes n’accouchent pas de leurs enfants sur le sol français de manière officielle, exploités encore par les habitants des lieux qui s’en servent comme d’une main d’œuvre à bon marché. Droit du sol croise le récit de plusieurs personnages, l’idéaliste venue à Mayotte oublier le gris de Paris, celui qui veut donner un sens à sa vie, celui qui ne pensait plus trouver l’amour, celui qui en profite depuis que les putes malgaches ont augmenté leur tarif, celui qui se bat pour le respect de la dignité.

Qu’on se le dise, la bande-dessinée appartient à la famille littérature et bonne lecture !

En savoir plus sur : Droit du sol, Charles Masson

Frangine de Marion Brunet

frangine 2Frangine est un roman touchant qui traite, entre autres choses, d’un sujet très sensible : l’homosexualité et la parentalité.  Joachim, nous le dit tout de suite : c’est lui qui raconte.

 On fait d’abord la connaissance de Joachim, 17 ans, qui rentre en dernière année de lycée. Tout va bien dans sa vie : il a une petite amie, il est en dernière année, toujours les mêmes copains. Il n’a pas vraiment de soucis à se faire, tout lui réussit. Ce qui n’est pas vraiment le cas pour sa sœur, Pauline. Celle-ci rentre au lycée, en seconde, et dès la rentrée on remarque que son comportement change. Elle ne mange presque plus, ne parle plus beaucoup elle qui était si souriante, pleine de vie…

Ceux-ci sont élevés par deux femmes : Julie (leur mère biologique) et Maline. Ils s’entendent tous très bien et sont très proches. Si chez eux tout est plus ou moins « parfait », au lycée pour Pauline rien ne se passe comme prévu. Étant élevée par deux femmes elle est victime d’harcèlement dû à sa situation familiale. Ses copines lui ont toutes presque tourné le dos, les personnes de sa classe l’évitent. Ils pensent qu’elle n’est qu’une « gouine » comme sa mère.Et bien sur, Pauline le vit assez mal.

 Ce livre est à lire, à partager, à mettre entre toutes les mains.

C’est un vrai récit de vie, pleins de sensibilités, de subtilités.

 Bonne lecture !

Wadjda réalisé par Haifaa al-Mansour


Synopsis:
Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite.
Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah.
Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.
Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée.
Wajda est l’une de ces œuvres rares mais justes qui dénoncent les privations que subissent les saoudiennes, par les yeux d’une enfant de dix ans. Petite fille intrépide, au caractère rebelle qui rêve de posséder une bicyclette alors même que les femmes n’ont pas le droit de conduire seules.
Pourtant, ce n’est pas l’unique message qu’à voulu faire passer la réalisatrice de Wajda, Haifaa Al Mansour. Le film raconte l’histoire de Wajda mais aussi celle de sa mère, contrainte d’accepter une seconde épouse pour son mari, et à travers elle l’histoire d’un pays qui souffre d’un trop grand manque de libertés. « En Arabie Saoudite (où les cinémas sont interdits), il a fallu prendre de nombreux risques pour tourner les scènes » déclarait Haifaa Al Mansour lors de la remise de prix.

Rentrer dans l’univers De Wajda, jeune ado rebelle et tendre !
Je suis ressortie de la salle de cinéma avec plein d’images et d’histoires et surtout plein d’espoir pour après……….