« Souvenir d’enfants » de Myriam Guez

 Matin ou soir

aube d’hiver, la nuit noire

petites mains glacées, petit corps frigorifié

Paris accueille septembre, l’âme attristée.

Innocence de l’âme et du coeur

Coeur qui contient la clé du bonheur

Larmes aux yeux, larmesPeur dans l’âme qui détruit le bonheur

Avançant, tremblante et pourtant fière

Regardant, bravant la haute grillé sinistre

Me réchauffant par des simples baisers de Mère

Observant ces visages livides, tristes et sinistres.

Peur qui fend l’âme

Peur qui détruit l’enfant

Amour qui réchauffe mon âme

Amour qui forge l’enfant.

Dernier signe de la main

Ultime baiser jusqu’à demain

Douce étreinte pour donner le courage

Douce enfant voué au carnage.

L’âme pure,

au farouche destin,

Voix pure

d’un courage enfantin.

Enormes escaliers

Enfants par milliers

mon coeur a peur

mon coeur pleure.

Jamais pleurer, disait  père

Brave comme Achille,

Toujours aimer, disait mère

La haine est le talon d’Achille.

Des cris retentissent

Des femmes diaboliques

Punir est un vice

Elles se disent angéliques.

Je ne suis pas seule

Je sens que je suis seule,

Coeur pur aux parois fragiles

Oublie ce rêve, pousse la poignée d’argile.

Au, milieu du massacre

Le bourreau sacre

Le diable ; ferme les yeux

Prie le ciel d’ouvrir leurs yeux.

Je sors un cahier

Je sors un stylet

J’écris pour oublier

j’écris pour rêver.

Enfant innocent devient enfant qui se bat

Le seigneur entend les pleurs et les batailles

Là haut, dans les Cieux coeur insouciant est mort

Laissant place à coeur de fer, coeur froid

.

L’enfant ouvre les yeux,

L’enfant est arrivé à l’école.

Pour qui étreint son coeur toute la journée,

Effroi effroyable en Enfer,

Mon coeur brûle  de défendre,

Le visage calme et paisible

L’âme consumée par la passion.

Mère sera ce soir à mon chevet,

pensant que je croie encore aux contes,

pansant les blessures de coeur blessé,

Au royaume des rêves, l’oubli est comte.

Mère saura me consoler

Père saura me fortifier

Alors je reviendrai

Plus forte que jamais.

L’Eternité ne m’oubliera pas

La vie ne m’éteindra pas

L’épée ne me fendra pas

Moi, je ne te haïs pas.

Souvenir d’enfant

Je le garde au jardin des secrets

Souvenir d’enfant

Je sais le faire discret.

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Le Passé de Asghar Farhadi

Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretien avec sa fille, Lucie.

Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé.

Et quand une vérité éclate, les vitres se cassent. Et les personnages reviennent physiquement sur leurs pas. Le tout dans un emboitement et un déboitement de ces secrets et de ces vérités : une mécanique scénaristique où l’écriture nous apparait puissante et fascinante de réflexion. Chaque détail a son importance : il suffit de se remémorer le pansement du petit Fouad, la pharmacie de Marie (les médicaments soignent des problèmes), la blanchisserie de Samir (encore l’idée de nettoyer les tâches).

Un thriller psychologique et une intrigue aux multiples rebondissements.

Un film excellent !

 

Wadjda réalisé par Haifaa al-Mansour


Synopsis:
Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite.
Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah.
Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.
Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée.
Wajda est l’une de ces œuvres rares mais justes qui dénoncent les privations que subissent les saoudiennes, par les yeux d’une enfant de dix ans. Petite fille intrépide, au caractère rebelle qui rêve de posséder une bicyclette alors même que les femmes n’ont pas le droit de conduire seules.
Pourtant, ce n’est pas l’unique message qu’à voulu faire passer la réalisatrice de Wajda, Haifaa Al Mansour. Le film raconte l’histoire de Wajda mais aussi celle de sa mère, contrainte d’accepter une seconde épouse pour son mari, et à travers elle l’histoire d’un pays qui souffre d’un trop grand manque de libertés. « En Arabie Saoudite (où les cinémas sont interdits), il a fallu prendre de nombreux risques pour tourner les scènes » déclarait Haifaa Al Mansour lors de la remise de prix.

Rentrer dans l’univers De Wajda, jeune ado rebelle et tendre !
Je suis ressortie de la salle de cinéma avec plein d’images et d’histoires et surtout plein d’espoir pour après……….

« Ailleurs » de Micheline Herc

C’est une histoire véritablement extraordinaire que nous raconte le docteur Micheline Herc, neuropsychiatre.  Née en 1937 à Varsovie au sein d’une famille juive qui vit, au quotidien, l’antisémitisme rampant qui règne alors en Pologne, Micheline nous raconte Hitler aux portes de son pays.

Brillant ingénieur, mariée à une juive russe, le père de Micheline sait, aux bruits de bottes de plus en plus inquiétants, qu’il faudra quitter le pays tôt ou tard. Mais Micheline et ses parents sont déportés à Arkhangelsk. La famille se retrouve ensuite en Ouzbékistan puis au Kazakhstan…

Il s’agit d’une histoire vraie, celle de la jeunesse de Micheline, le récit de l’errance d’une enfant juive de Varsovie au Kazakhstan en passant par les coins les plus reculés de Sibérie.

Curieuse de tout, elle observe ces mongols qui vivent dans des yourtes. Contrairement à la plupart des autres fillettes polonaises, souvent méprisantes et moqueuses, elle apprend leur langue et s’intéresse à leurs coutumes et à leur façon de prier. Les mois et les années passent. La Guerre est finie. Les Herc vont passer encore quelque temps dans la ville de Saïram. En 1946, enfin, ils peuvent regagner la Pologne. Les lieux de l’enfance ne sont plus que des ruines. La famille paternelle a été décimée par la Shoah. Il n’est plus question de demeurer à Varsovie ou à Lodz. Les Herc, apatrides, gagnent Paris. Une nouvelle vie commence pour la petite sauvageonne. Elle a neuf ans, ne parle pas le français, mais elle a la vie devant soi.

Ce récit, écrit avec finesse, offre des tranches de vie intenses et pétries d’émotion, mais sans jamais verser dans le  misérabilisme.

Vraiment à lire !

Anissa Berkani Rohmer