Tous nos noms de Dinaw MENGESTU

Isaac quitte Kampala où rode l’ombre de la dictature après avoir rencontré un jeune militant qui lui sauve la vie. Il arrive à Laurel, bourgade du Midwest raciste et sans intérêt, Helen, l’assistante sociale mise à part. Entre ces deux êtres, une histoire d’amour s’ébauche dans l’Amérique des années 70 entre combats pour les droits civiques et résistances conservatrices.

Il s’agit dans ce roman de deux récits alternés, deux êtres, deux voix que tout oppose.

Tous nos noms a eu un succès fulgurant aux Etats-Unis, ce roman est brillant tant dans le fond que dans la forme !

Bonne lecture

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« L’Arabe du futur », tome 2, du pur talent signé Riad Sattouf

Si Riad Sattouf n’avait évoqué que « des souvenirs de sensations » dans le 1er tome, ceux relatés ici semblent bien plus consistants..

Pour Riad, qui a six ans, c’est la première rentrée des classes dans ce petit village syrien, d’une extrême pauvreté, situé tout près de Homs.

Cette rentrée des classes est un traumatisme absolu. La prof est à elle seule une curiosité. Tête voilée, mais mini-jupe assumée. Elle a des mollets tellement énormes que le petit Riad se demande comment elle peut tenir sur ses talons aiguilles. Mais ce que les enfants remarquent surtout, c’est le gros bâton qu’elle tient à la main et qu’elle utilise sans modération pour frapper les mains des cancres, des bavards, et de ceux dont l’uniforme n’est pas dans les règles.

On trouve d’autres personnages clés dans l’enfance de Riad : une cousine qui va lui apprendre la perspective, un cousin général de l’armée, pour lequel le père de Riad est prêt à toutes les bassesses pour obtenir un meilleur poste à l’université. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une de ces tentatives mondaines que toute la famille Sattouf se retrouve un jour à Palmyre. « C’est un des endroits les plus impressionnants que j’ai vu de ma vie. Un lieu très étonnant : le sol de Palmyre était couvert de poteries et de pierres incroyables, on avait l’impression de marcher sur l’histoire des hommes », se souvient Riad Sattouf.

Le premier volume de L’Arabe du futur a été vendu à 250.000 exemplaires en France et traduit dans 14 pays. Son auteur Riad Sattouf avait reçu le grand prix RTL de la bande dessinée et le prix du meilleur album du festival d’Angoulême. Dans le tome 1, le lecteur découvrait le petit Riad en Libye et en Syrie. C’était à la fois drôle et émouvant.

Le deuxième album, est largement à la hauteur du premier : c’est l’événement littéraire cette fin d’année !

« Délivrances » de Toni Morrison : la puissance littéraire d’une grande dame de 84 ans

« Délivrances » le dernier roman de Toni Morrison est le portrait de Lulla Ann Bridewell, fille de « mulâtres au teint blond », mal aimée par sa mère parce que trop noire. Un roman court et intense, où il est question d’enfances massacrées et de l’amour comme possibilité de renaissance. Un livre magnifique d’une grande dame de la littérature américaine.

«Délivrances», le onzième roman de la Prix Nobel de littérature, continue à scruter la ségrégation raciale et le racisme. Lula Ann devenue Bride est la victime de son apparence, de son corps, de sa peau… Entre fantastique et fable sociale, l’auteure de «Beloved» s’impose, magistralement, et en toute liberté.

Délivrances est un nouveau petit chef d’œuvre de l’auteure de Beloved et Home.

Un régal !!!

Noire de Tania de Montaigne

 

 

noireQui ne connait pas Rosa Parks ? Et pourtant, qui connaît Claudette Colvin ? C’est là tout le paradoxe que soulève et démontre Tania de Montaigne dans son ouvrage,véritable hommage à cette femme toujours en vie aujourd’hui.
On découvre Claudette Colvin, cette héroïne méconnue, mais l’auteur met également des noms sur ces noirs qui, à l’image de Rosa Parks, ont osé refuser de s’effacer devant des blancs. Un ouvrage qui enseigne beaucoup sur ce combat et sur la ségrégation et son impact sur le quotidien des noirs dans les années 50.
En plaçant le lecteur dans la peau d’un noir dans les années 50, Tania de Montaigne souhaite nous faire ressentir l’injustice, les difficultés de chaque moment du quotidien. Car on a beau avoir entendu parler de la ségrégation raciale, de ces séparations permanentes entre noirs et blancs, avons-nous réellement pris conscience de l’impact que cela avait sur le quotidien ?  Sur les petites choses de chaque jour pour lesquelles des obstacles viennent tout compliquer ?

La Mecque – Phuket de Saphia Azzedine

Fairouz et sa soeur, deux franco-marocaines, ont décidé d’économiser sur les gains de leurs petits boulots pour offrir à leurs parents le pèlerinage à La Mecque qui leur permettra d’être appelés « Hadj » et de gagner le respect des habitants de leur cité. Mais Fairouz est une beurette rebelle et un tantinet insolente. Elle cherche à s’affranchir de « l’estampille natale » tout en respectant ses parents, ses traditions maghrébines, en réussissant ses études et en restant vierge avant le mariage. Autant dire qu’elle est tiraillée et que beaucoup de ses choix tiennent du grand écart, tout comme ce voyage qui pourrait tout aussi bien être vers Phuket, son eau turquoise, son sable blanc et ses palmiers, si, pour une fois, elle ne se faisait pas passer après tout le monde… L’horizon, c’est La Mecque… mais, après tout, pourquoi pas Phuket ?

Un très beau roman que j’ai dévoré, beaucoup d’humour, beaucoup d’ironie … De nombreuses questions sur l’immigration, sur la réussite, sur le rapport à l’autre et sur la construction de sa personnalité entre tradition et affranchissement. L’écriture est rythmée et varie habilement des moments de réflexions et des moments de « tensions ». Une vraie réussite et un roman que je vous conseille vivement.