« Phaenix. Volume 1, Les cendres de l’oubli » de Carina Rozenfeld

L’histoire se passe en France ! Anaïa (quel joli prénom elle quitte la vie mouvementée de Paris pour le soleil de Provence ! Le jour et la nuit). Anaïa intègre une fac où il fait bon flâner entre les cours. De plus elle est douée pour le théâtre qu’elle a pris en option et le violoncelle qu’elle pratique depuis l’enfance. Dans sa fac, deux garçons n’ont d’yeux que pour elle : Le ténébreux et mélancolique Eidan et le chaleureux Enry aux yeux rieurs. Viennent s’ajouter des rêves étranges plus vrais que nature et des oiseaux sortis tout droit de la mythologie.

les cendres de l'oubli

L’auteure a également accordé une grande place à la musique, Anaïa étant mélomane dans l’âme. C’est agréble et on y retrouve autant Sia (Breathe me ), The Police (Roxaaaanne ), Scorpions (still loving youuu), que Chopin ou Téléphone (La Bombe humaine ). Les lecteurs peuvent même flasher un code pour écouter la playlist.

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ROCK THE CASBAH, réalisée par Laïla Marrakchi

C’est l’été à Tanger. Une famille se réunit pour trois jours dans la maison familiale suite au décès du père, l’occasion de se remémorer les souvenirs et de partager sa perte, comme le veut la tradition musulmane.

Tout va basculer avec l’arrivée de Sofia, la dernière des filles, celle qui a fait sa vie ailleurs. Actrice n’interprétant que des rôles de terroristes dans des séries américaines, elle arrive de New York après plusieurs années d’absence. Son retour va être le moyen de régler ses comptes avec ses sœurs et de bouleverser l’ordre établi depuis toujours par le patriarche.

Dans «Rock the Casbah», l’enterrement n’est qu’un prétexte pour mieux comprendre les femmes que le défunt a laissées derrière lui. Une fois la figure masculine disparue, les langues se délient et l’heure est à la remise en question de soi.

Ce drame permet alors à toute la famille, et surtout aux femmes, de se revoir pour tout mettre à plat entre elles, confronter leurs modes de vie très différents, dans les larmes mais aussi dans le rire.

Cette petite communauté féminine nous plonge, le temps d’une brève parenthèse, au cœur de la maison familiale et de ses secrets.

Une comédie à la fois drôle et émouvante sur la place de la femme dans les sociétés orientales.

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

la jeune fille à la perleTracy CHEVALIER vit à Londres depuis 1984 avec son mari et sa fille. « La jeune fille à la perle » est son deuxième roman. L’idée de ce roman est inhabituelle puisque le déclic lui a été donné par un tableau célèbre et mystérieux du peintre Vermeer, « La jeune fille à la perle », jeune fille dont on ne sait rien. Tracy Chevalier a réussi la performance de nous raconter la vie de cette inconnue, sans jamais nous lasser.

L’action se déroule au XVIIème siècle, à l’époque de Vermeer mais cette jeune fille nommée Griet pourrait appartenir à notre époque car ses émotions sont toujours d’actualité : c’est le drame de la jeunesse dans sa naïveté, son insouciance face à la cruauté des profiteurs toujours prêts à dévorer le plus faible, c’est le danger de la beauté, de la différence qui peut attirer dans un guet-apens…

La jeune Griet est issue d’une famille qui a basculé dans la précarité lorsque son père a perdu la vue. Elle doit alors partir comme servante dans la demeure de Vermeer. Le peintre s’intéresse de suite à elle car elle a l’harmonie des couleurs, même par exemple, lorsqu’elle prépare les légumes pour la soupe :

« Les couleurs jurent parfois quand elles sont côte à côte, Monsieur. » (page 12)

La jeune fille à la perle a préféré la simplicité au risque de brûler ses rêves douloureux, tout en gardant la nostalgie de l’inaccessible. N’est-ce pas le lot de beaucoup d’entre nous ?

« La vie d’une autre » de Frédérique Deghelt

4e de couverture :

Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d’amour et le lendemain… Elle se retrouve
douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse… Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l’homme qu’elle a rencontré la
veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient
secrètement l’enquêtrice de la vie d’une autre. Ou plutôt de sa propre vie.

L’avis de Lila :

« J’expérimente le défaut principal de ce pays : ici, on est ce que l’on fait. Quand on ne fait plus rien, on
n’est plus rien. »

 Frédérique Deghelt ne passe pas par quatre chemins : ce sont tous les travers de la société qui passent
par la moulinette de son récit autant psychologique que d’investigation.

La narration en elle-même a de quoi dérouter : dialogues, pensées et récit se retrouvent
pêle-mêle , sans guillemets ni tirets !

Confus? Certes. Mais l’effet est là : nous sommes propulsés dans la tête de Marie, la personnage principale,
et ce qui est embrouillé pour elle, l’est de fait pour nous aussi.

Au lecteur de rester assidu et de ne pas perdre le fil de l’histoire ! Ce n’est du reste pas
aussi difficile qu’il n’y paraît au premier abord et on a tôt fait de s’habituer à cette  narration un peu inhabituelle.

Une fois ce cap passé, quel bonheur de se plonger dans les méandres de cette histoire riche en
découvertes : on en apprend autant sur la protagoniste que sur soi-même.

Comme dirait Sartre, « Tu n’es pas ce que tu es. Tu es en devenir. »

 Note : Le livre va être adapté au cinéma par Sylvie

Testud avec Juliette et Mathieu Kassovitz dans les rôles principaux. Sa sortie est prévue dans les salles obscures pour le 7 décembre 2011. Voilà un film que je ne raterai sous aucun prétexte !!
^^