Rencontre avec Yasmina Khadra à la Bibliothèque Oscar Wilde le samedi 19 janvier 2019

A l’occasion de la parution de son dernier roman, Khalil, aux éditions Julliard, nous avons rencontré Yasmina Khadra.L’échange entre l’auteur et le public a été riche et emprunt de la simplicité et de l’érudition de Yasmina Khadra.
Nous n’avons pas vu le temps passer cet après-midi qui a été baigné d’amour, de tolérance, de respect… et nous avons toutes et tous beaucoup appris.
Pour conclure, son dernier livre « Khalil » est une réflexion sur les dérives de la société actuelle.
C’est un régal et bonne lecture !

 

 

 

Publicités

Les artistes des 4 accorderies parisiennes exposent au Local 14 Du 11 janvier au 10 février, venez admirer les œuvres des accorderies de Paris Sud, Paris 18, Paris 19 et du Grand Belleville.

https://quefaire.paris.fr/70523/exposition-des-artistes-des-accorderies-parisiennes

 

https://quefaire.paris.fr/70523/exposition-des-artistes-des-accorderies-parisiennes

On vous attends nombreux !!!!

 

 

 

 

Pentagon Papers de Steven Spielberg, avec Meryl Streep, Tom Hanks, Matthew Rhys, Bob Odenkirk. Durée: 1h55. Sortie le 24 janvier 2018

Inspiré de faits réels datant d’il y a près de cinquante ans, le film de Steven Spielberg est un vibrant éloge de la liberté de la presse et de l’égalité des sexes qui se veut pamphlet anti-Trump, sans prendre en compte tout ce que la situation contemporaine a de singulier.

Une réponse dans l’urgence

Réagissant au quart de tour à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et à son utilisation manipulatrice de l’information comme à ses tentatives de bâillonner les enquêtes indépendantes des grands médias, Spielberg a bouleversé son plan de travail (consacré au film de science fiction Ready Player One) pour tourner et sortir à toute vitesse Pentagon Papers.

Le film s’inspire, comme on sait, de l’histoire réelle des documents secrets révélés grâce à un analyste de l’armée américaine, Daniel Ellsberg, et diffusés par le New York Times, puis, après que le président Nixon ait fait bloquer la parution par un juge, par le Washington Post, et repris ensuite, face aux pouvoirs exécutifs et judiciaires coalisés, par de nombreux titres de presse.

2017 Réalisé par Armando Iannucci 1h46 avec Jason Isaacs, Andrea Riseborough, Olga Kurylenko

« La Mort de Staline » : panier de crabes soviétiques à la mode anglaise

Le film d’Armando Iannucci s’est vu interdire en Russie, car jugé « insultant ».

Spécialiste de la satire politique à la mode anglaise, Armando Iannucci imagine pour son deuxième long-métrage (adapté des deux tomes de la bande dessinée éponyme de Fabien Nury et Thierry Robin) de nous plonger dans les coulisses sanglantes de la succession de ­ Joseph Staline, réunissant pour l’occasion une brochette de bons acteurs anglo-américains rivalisant dans le registre grotesque, sur fond de décors russes. Le film pourrait se résumer sous la forme de la devinette classique. Joseph Staline, Nikita Khrouchtchev, Lavrenti Beria, Gueorgui Malenkov et Viatcheslav Molotov sont dans une pièce. Dix minutes plus tard, Staline meurt d’une attaque cérébrale. Qui va le remplacer ?

Kadhafi, le foot et moi, roman de Luca Masali

Auteur de science-fiction reconnu en Italie, Luca Masali s’essaye depuis peu au polar sur fond d’embrouilles politico-sportives.

Au début du roman, il croupit en prison à cause, bien évidemment, d’un « fâcheux malentendu ». Escroc compulsif, Giambone réussit à se mettre à dos le puissant parrain qui contrôle la prison d’une main de fer. A plusieurs reprises, il échappe par miracle à une mort lente et douloureuse. C’est lui le « je narrateur » qui nous raconte ses péripéties avec une désarmante mauvaise foi. Ce qui le rend touchant et très drôle.

Kadhafi, le foot et moi un est livre du « pire genre ». C’est un vrai texte transgressif, qui sort des sentiers policés trop souvent empruntés par une littérature faussement incorrecte, mais en réalité totalement « maîtrisée ». Luca Masali est un narrateur débridé. Il ne se pose aucune frontière. Il laisse sont stylo se balader là où le conduit son histoire et les personnages qui l’animent. Le résultat est d’une extrême cohérence.

Un concentré de plaisir !!

anissaberlani@adagp – Nejma Quelques nouvelles de Nejma… Une femme comme une autre, Déchirée entre deux pays, deux cultures, deux traditions. Une femme entre deux guerres, deux espoirs. Une femme enfant, une femme mariée, une femme maman. Une femme combattante !!!

 

anissaberlani@adagp

Le commencement de la fin

Dans le sud d’Alger, dans un petit village nommé « El Frikina ».

Nejma, une femme d’une cinquantaine d’années prépare le repas de ses deux fils. Quelle fierté pour Nejma d’avoir deux beaux grands garçons ! Et Ils ont bien réussit dans la vie. Yamine, l’ainé des deux approche son trentième anniversaire. Il est pilote de ligne à Alger.
Alors que le cadet, Mehdi a atteint l’âge de vingt huit ans, lui est enseignant à Ain-Beïda.
Quant à l’époux de Nejma, il est partit faire un pèlerinage à la Mecque.

Dans cette petite maison en pierre blanche, Nejma prépare un tajine tout en murmurant une chanson kabyle « A baba nouba… ». Soudain, des coups se font entendre à la porte. Les mains tachées de pruneaux, Nejma va ouvrir.
C’est l’Iman du village accompagné de quelques fidèles qui se tiennent au seuil de la porte.
Nejma leur adresse un grand sourire. En échange de celui-ci, se dresse devant elle des regards inquiets, des visages livides accompagnés d’une expression sans lendemain.
L’Imam, le grand Abdel-Nouar dresse devant elle une liste de noms.

Quelques jours plus tard, Nejma part le cœur gros à Constantine rendre visite à sa cousine. Enfin, elle va parler et on va lui répondre. Nejma lui annoncera que son fils Yamine est partit très loin, il se trouve sur la liste du FIS !!!
Elle pourra le raconter à une autre femme, sans honte, sans sécher ses larmes. Le fardeau est si lourd sur ses épaules ! Sur le chemin, elle se souvient de l’année 1954.

Les femmes d’Algérie, comme les femmes de tous les continents, ont depuis le début des temps donné l’exemple de leur capacité de résistance et de leur courage. Je pense évidemment entre autre à la lutte de l’indépendance déclenchée le 1er novembre 1954, jour de la Toussaint, dans laquelle elles prirent toutes leur part, que ce soit dans les campagnes ou dans les villes.
Elles furent relativement nombreuses, compte tenu des mœurs et de la réclusion que leur imposait la tradition, à « monter au maquis », où à servir, dans les villages notamment, d’agent de liaison, d’informatrice, de porteuse de valises. Ces femmes, nos sœurs, nos filles, combattent alors aux côtés des hommes, ayant fait voler en éclat le tabou de la mixité !

Pendant ce temps, Yamine qui souffre de l’absence de sa mère prend la dangereuse initiative de lui rendre visite. Dans la maison, personne, personne pour lui souhaiter la bienvenue, le rassurer…
Yamine soupire puis se fait couler un bain, il se déshabille, entre dans l’eau et ferme les yeux paisiblement…

C’est la fin des cours, il est l’heure pour Mehdi de rentrer chez lui.
Là ! Dans la maison blanche, quelle surprise !
Doucement, il pénètre dans la salle de bain, aperçoit son frère, les yeux clos qui se détend dans la baignoire. Très vite, dans un coffre, Mehdi s’empare d’une arme.
Un sourire au bout des lèvres, il tire trois balles dans la tête de son frère qui n’avait pas encore pris la peine d’ouvrir les yeux pour y voir son meurtrier.

Tout s’enchaine très vite.

Nejma rentre chez elle, sa visite chez sa cousine aura été de très courte durée; elle n’était pas là.
Le voyage en bus à Constantine l’a toute défraichie, alors, Nejma s’engouffre dans la salle de bain, et là…

…Madame l’Horreur lui tend les bras.

Son fils aîné truffé de balles gît dans une baignoire de sang. Tandis que le cadet regarde son arme tout en murmurant « il le fallait, il le fallait, il le fallait… »
Pâle comme un linge, Nejma lui tends les mains en hurlant « Donne, donne-moi cette arme, tu es trop jeune, je dirai à la police que c’est moi qui l’ai tué »

Fébrile, Mehdi lui tend maladroitement l’arme. Nejma s’en empare et vise son cadet…
Lentement, Nejma se sent envahir par des souvenirs qui affluent dans sa mémoire.

Avec la participation de :
Nejma, qui Signifie: « étoile, astre »

Mehdi, un dérivé du prénom arabe Mahdi tiré du verbe hada signifiant « Le bien guidé ». Pour les musulmans, il se traduit par « Celui qui est éclairé par Dieu » et désigne le sauveur qui viendra sur terre à la fin des temps.

Yamine, qui signifie « heureux, fortuné, prospère »

L’autre côté de l’espoir 2017 Réalisé par Aki Kaurismäki 1h38 avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Simon Al-Bazoon

L’essentiel, c’est la solidarité. Comme au temps de L’Homme sans passé(2002), de l’Armée du salut et de la soupe populaire. Comme dans Le Havre (2011), où un gamin arrivé clandestinement du Gabon était recueilli par un cireur de chaussures. Si Kaurismäki nous parle à nouveau en 2017 du destin d’un migrant, c’est pour faire entendre un besoin de fraternité devenu encore plus frappant. La réalité s’est durcie.

En même temps qu’il épingle la gestion bureaucratique d’une crise humanitaire, le Finlandais reste dans la générosité. Il retrouve son sens du comique burlesque pour raconter des vies mondialisées, qui font se croiser Afrique et Japon sur la Baltique ! L’Autre Côté de l’espoir est le film de tous les partages. Entre la sombre réalité et la légèreté qui permet d’y survivre. Entre un ­Syrien et un Finlandais qui, avec leurs cheveux gominés, ont belle allure. Leur héroïsme, c’est l’humanisme.