Le libraire de Kaboul de Åsne Seierstad

Asne Seierstad est une journaliste norvégienne. Elle a couvert la chute des Taliban à Kaboul fin 2001 et après cette période, elle s’est plongée dans l’ambiance post taliban en passant 5 mois dans une famille. Ce livre est le récit de cette période, le portait des membres de cette famille. le libraire de Kaboul

Il est intéressant de lire que la famille a intenté un procès à l’auteure pour diffamation et que l’auteur a été condamné. Le libraire a de son côté écrit un livre pour raconter sa propre version.

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Kandahar de Mohsen Makhmalbaf Iran/France

Résumé

Nafas est une jeune journaliste afghane, réfugiée au Canada pendant la guerre civile des talibans. Elle reçoit une lettre désespérée de sa petite sœur restée là-bas et qui a décidé de mettre fin à ses jours avant la toute prochaine éclipse de Soleil.Nafas part donc secourir sa sœur à Kandahar et tente de franchir la frontière irano-afghane.

«Makhmalbaf a mis toute son âme dans ce film révolté et désespéré. Lui, le plus féministe des cinéastes iraniens, n’a que son art pour dire sa douleur devant ces femmes livrées à la plus terrifiante des solitudes. Il a su filmer l’absurde à ciel ouvert. Sa compassion est celle d’un poète. Il se refuse à accepter le sort de ces femmes, hommes et enfants condamnés par une sentence irrationnelle à une errance perpétuelle. Kandahar a la noblesse des films qui prennent le risque de la beauté. Car pour Makhmalbaf, la beauté est la dernière lumière qui demeure dans un univers de ténèbres.»

Poignant !

« La dernière nuit du Raïs », Yasmina Khadra dans la tête de Kadhafi

la dernière nuit du raîs

Dans son nouveau roman, « La dernière nuit du Raïs », Yasmina Khadra se met dans la peau de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi et raconte ses dernières heures.
Il remonte à l’enfance, sans père. Il y ajoute la honte et les humiliations. Ainsi, il n’oubliera pas comment il fut éconduit tel un vulgaire bouseux, renvoyé sans ménagement à ses origines bédouines malgré ses galons d’officier par le bourgeois de père de celle qu’il souhaitait épouser.
La Dernière Nuit du Raïs est de ces romans qui vous marquent. Yasmina Khadra nous prouve une fois de plus que l’Histoire mérite que l’on s’y penche encore et toujours afin de mieux comprendre notre actualité. Ce roman est selon moi l’un des plus brillants de la rentrée littéraire

Tous nos noms de Dinaw MENGESTU

Isaac quitte Kampala où rode l’ombre de la dictature après avoir rencontré un jeune militant qui lui sauve la vie. Il arrive à Laurel, bourgade du Midwest raciste et sans intérêt, Helen, l’assistante sociale mise à part. Entre ces deux êtres, une histoire d’amour s’ébauche dans l’Amérique des années 70 entre combats pour les droits civiques et résistances conservatrices.

Il s’agit dans ce roman de deux récits alternés, deux êtres, deux voix que tout oppose.

Tous nos noms a eu un succès fulgurant aux Etats-Unis, ce roman est brillant tant dans le fond que dans la forme !

Bonne lecture

La symphonie des abysses – Livre 1, Carina Rozenfeld

abysseAvec ce nouveau récit, l’auteur traite à nouveau (après Phaenix) une thématique qu’elle affectionne tout particulièrement : la musique, mais aussi l’affirmation et l’émancipation de soi.

Avec La Symphonie des Abysses nous sommes confronté à une société aux règles totalitaires qui semble évoluer dans notre futur, mais difficile d’en savoir plus tant le voile est pesant sur ce nouvel univers.

Article 2 : Il est interdit de chanter, d’écouter, ou de faire de la musique

Cette règle simple est facile à respecter pour les habitants de l’atoll, sauf pour la jeune Abrielle, forcée de contenir des chants qui la dépasse elle-même. Sans cesse tentée de chantonner et de murmurer des notes, cette dernière vit très mal l’article 2 du règlement, surtout depuis la disparition mystérieuse de son père…

Un roman qui fait l’éloge de la force de caractère et de la remise en question

Faut-il suivre aveuglément des lois qui n’ont pas de sens ? Abrielle se pose de plus en plus de questions… mais elle n’est pas la seule. En effet, le roman se découpe en deux « partitions », celle d’Abrielle, puis celle de Sand et de Cahill.

Bonne lecture !

 

 

Le jour où… de Paul Beorn

le jour où...   

LE MARCHAND DE SABLE EST PASSÉ…

     Tous les adultes ont sombré, les uns après les autres, dans un mystérieux coma… Enfants et adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes. Dans une petite ville, Léo et Marie, deux lycéens de seize ans, rassemblent autour d’eux quelques amis pour vivre ensemble dans un vieil immeuble.

     Mais d’autres adolescents, parmi les plus âgés, profitent de la situation, s’accaparent les réserves de nourriture et deviennent de plus en plus violents. Léo et sa bande doivent apprendre à se battre pour défendre leur liberté quand d’autres voudront imposer la loi du plus fort. Parviendront-ils à survivre jusqu’au réveil des adultes ? Et si ces derniers ne se réveillaient jamais ?

Le récit est dynamique et se fait à deux voix : Léo et Marie.

Le Jour où… est un roman poignant, extrême, à l’image de Sa Majesté des Mouches. L’humanité y transparaît dans tous ses travers mais aussi dans toute sa force. Les voix de ce texte, celles de Marie et Léo, sont toutes deux aussi justes que touchantes. Paul n’a pas peur de bousculer ses lecteurs, et tant mieux !

Le livre est conseillé « Pour lecteurs avertis, à partir de 15 ans », j’ai été surprise mais j’ai vite compris pourquoi.

Bonne lecture !

Un jour j’irai à Pékin avec toi…!

La vie à Pékin à la veille des JO 2008
Au centre de Pékin, on détruit un des derniers vestiges historiques de la capitale chinoise
A l’ouest de Wangfujing, les destructions de Hutongs sévissent à nouveau. Malgré la colère des habitants.
Malgré l’intérêt historique inestimable de certains bâtiments…

Impossible de prendre des photos dans la rue. Une dizaine de gardiens, payés par le service de démolition, veillent à ce que tout se déroule sans incident. Il y a trois mois la destruction d’un hutong avait été interrompue à la suite d’un article paru dans la presse chinoise.

Les habitants assistent, dans un nuage de poussière, à la destruction lente des maisons voisines car, pour l’entreprise de démolition, les matériaux se récupèrent et peuvent être une source de profit non négligeable.

Depuis quelques semaines, les grandes artères de Pékin paraissent vides, dépouillées au nom de l’harmonie sociale de leurs immenses panneaux vantant le luxe , trop ostentatoires au goût d’un pouvoir confronté à la montée des inégalités sociales avant les jeux Olympiques.

Alors même que le Comité organisateur des JO de Pékin a promis une totale liberté pour la presse, les autorités centrales et locales renforcent le contrôle sur les médias chinois . Par exemple, la municipalité de Pingdu, dans la province du Shandong (Est), a ordonné à ses services de tout faire pour réduire au minimum les « reportages négatifs ».
On assiste également à une multiplication de la censure d’œuvres intellectuelles.
Bien à vous.

Anissa Berkani-Rohmer