La vie est facile, ne t’inquiète pas d’Agnès Martin-Lugand

Un exemple d’auto édition qui a marché !

 

Agnès Martin-Lugand a tenté de s’auto publier et ça a marché.

La maison d’édition Michel Lafon l’a repérée, trois ans plus tard, la voilà qui publie son troisième roman : La vie est facile, ne t’inquiète pas.

Quatrième de couverture :

Depuis son retour d’Irlande, Diane a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux Gens heureux lisent et boivent du café, son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné et surtout il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car Diane sait qu’elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille.

Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser : les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s’effondrer les unes après les autres.

Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

« Je n’en peux plus que tout le monde s’inquiète pour moi, toi, Olivier. Arrêtez de penser que je vais m’écrouler à la première épreuve. Je ne suis plus la même, j’ai pris ma vie en main, je vais bien, je sais ce que je veux. Et ce que je veux, ce que mon cœur me dicte, c’est d’aller dire au revoir à Abby, et d’être aux côtés de ces gens que j’aime. »

 

Certes, l’héroïne n’a pas 20 ans, mais son âge et son passé font la beauté de l’histoire qui est racontée. A ML a une belle plume, un vrai sens du récit. Une fois qu’on débute son livre, on s’y tient et on se prend à rêver de ses personnages, comme à des êtres réels qu’on voudrait tantôt aider, tantôt secouer. M’est d’avis que c’est un moyen très agréable de débuter les lectures estivales !

Suffragette de Sarah Gavron (film)

Suffragette

de Sarah Gavron

 

Sortie dans les salles en octobre 2015

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19554094&cfilm=222967.html

 

Emmeline Pankhurst. et ses comparses de lutte se retrouvent en plein mouvement révolutionnaires britannique, pour les droits civiques de la femme.

Tranche historique à l’origine de l’arrivée des droits de la femme se film historique est attendu depuis 4 ans.

On compte sur ce thème fort et le casting pour nous replonger à la fin du XIX siècle au moment de l’un des combats les plus emblématiques de l’époque.

Je ne serais que vous recommander d’aller en salle pour  (re)découvrir ce sujet fondamental qui nous montre que rien n’est jamais acquit à l’homme et encore moins à la femme. 

Belle Epoque de Elizabeth Ross

Belle Epoque

 

“Louez un Faire-valoir, vous en deviendrez d’emblée plus attirante “

Nous sommes en 1889 à Paris. Maude Pichon, 16 ans vient de s’enfuir de sa Bretagne natale il y a de cela quelques semaines, car son père voulait la marier de force avec le boucher du village. La voici à quelques jours du l’Exposition Universelle, errant  sous le sou dans les rues de la ville-lumière, jusqu’à ce qu’elle tombe sur une annonce peu commune qui ne lui révèle rien ni sur les compétences à avoir, ni  sur le poste :

On demande
Des jeunes femmes
pour faire un ouvrage facile.
Bienséance respectée.
Présentez-vous en personne
à l’agence Durandeau,
27, avenue de l’Opéra, Paris.

La voici donc qui se présente à l’Agence Durandeau, sans savoir que si le responsable de l’agence la trouve parfaite pour le poste, ce n’est pour ses compétences :

 – Notez ses cheveux, à peine plus remarquables que de la paille mouillée ; ce nez en trompette ; ces tâches de rousseurs et ce teint fané ; et ce regard éteint – bovin dans l’expression, dirais-je… (page 20)

Si Maude semble tellement convenir aux exigences de M. Durandeau, c’est parce qu’elle n’a aucune beauté car le métier de cette entreprise est de fournir des  “faire-valoir“  aux jeunes filles de bonne famille ainsi qu’à leur mères. En effet, l’agence n’embauche que des filles plus laides les unes que les autres. Des jeunes femmes sans éclats qui pourront mettre en valeur beauté et silhouette de ces femmes de la haute société car après tout nous sommes à Paris et à Paris tout se vend…

Bienvenue dans ce monde de la haute société parisienne où tout n’est qu’apparat, frivolité et  beauté superficielle. Un monde où règne la richesse, les bals, les mariages de convenances, les dîners,  l’abondance. Un monde où les femmes sont prêtes à tout pour se mettre en valeur et plaire.

C’est un roman qui m’a fait penser à la série Uglies de Scott Westerfeld bien qu’ici nous ne sommes pas dans un monde futuriste mais plutôt à l’époque de l’exposition Universelle avec la création de la Tour Eiffel.  L’auteur s’est librement inspiré de la nouvelle d’Emile Zola Les Repoussoirs. Un bon roman où l’on retrouve un peu de l’univers des Rougon-Macquart.

Ici et maintenant de Robert Cohen

Voici un curieux roman (c’est le premier roman de Robert Cohen traduit en France) entre tradition et modernité. Nous voici plongé à New-York dans la communauté hassidique, c’est à dire chez les Juifs orthodoxes qui suivent scrupuleusement les interdits et pratiques religieuses et s’habillent en costume traditionnel.

 Samuel a quarante ans, sa vie amoureuse est un gâchis et sa réussite professionnelle est encore à prouver. Il rencontre dans un avion un couple hassidique de Brooklyn, Aaron Brenner et sa femme Magda. Ces juifs, ultra croyants, vont lui ouvrir les portes d’un monde inconnu, un monde où l’on pratique les prescriptions religieuses avec rigueur.

Mais loin des clichés, l’auteur nous décrit des juifs hassidiques loin d’être orthodoxes !!! Aaron Brenner  est un ancien « peace and love » et la femme, Magda, ne cherche qu’une chose : passer une nuit avec Samuel pour avoir un enfant car son mari est stérile….

Par cette rencontre, Samuel, « à moitié » juif par son père et qui ne connaît rien aux traditions, bascule dans une quête identitaire.

Et il n’est pas le seul, tous les personnages se situent entre le burlesque et le tragique car, chacun, souvent de manière maladroite, tente de trouver un sens à leur vie.

Un roman à la fois philosophique, d’une gravité extrême et très drôle : on ne compte plus les scènes désopilantes comme lorsque Samuel fait le tour de New-York pour préparer un repas casher, qu’il s’évanouit devant une circoncision ou encore qu’il a une érection en pleine séance de bain rituel….

Un livre délicieux ! A lire avec modération !

A lire ici

Anissa Berkani Rohmer

Les Cerfs-volants de Kaboul

Les Cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hossein

IIllustrations de Fabio Celoni et Mirka Andolfo, Belfond, 2011

Kaboul, début des années 70. Deux garçons, Amir, fils d’un riche commerçant, et Hassan, fils du domestique de celui-ci se vouent une amitié indéfectible. Mais lorsqu’un jour Hassan est violenté par une bande de jeunes, Amir n’esquisse pas un geste pour sauver son ami. Lâcheté ? Trahison ?

Eté 2001. Amir, réfugié aux Etats-Unis depuis plusieurs années, reçoit un coup de téléphone : « Il existe un moyen de te racheter » lui dit une voix.

Un récit fabuleux et poignant qui a connu un succès mondial avec pour toile de fond l’Afghanistan, de la merveilleuse contrée au pays exsangue aujourd’hui. Le portrait d’un homme en lutte avec lui-même  qui va retourner sur les traces de son passé et découvrir un terrible secret.

Les illustrations ne sont toutefois pas toujours à la hauteur du récit.

Claire Onimus

« La fortune de Sila » de Fabrice Humbert

Quatrième de couverture :

Paris, juin 1995.
Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n’intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Français, venus fêter une première embauche à la banque. Une simple anecdote ? Pas même un fait divers ? Dans le cours des vies, aucun événement, si minime soit-il, n’est anodin.
Et la brutalité de l’un, l’indifférence ou la lâcheté des autres vont bientôt se révéler pour ce qu’elles sont vraiment : le premier signe de leur déclin. De la chute du mur de Berlin à la crise financière de 2008, dans un monde façonné par l’argent, les destins croisés des acteurs de cette scène inaugurale, de l’oligarque russe au financier français en passant par le spéculateur immobilier, tissent peu à peu une toile.
Et au centre de la toile, Sila, le serveur à terre, figure immobile autour de laquelle tout se meut.

L’avis de Taranah :

L’auteur a écrit son livre pour dénoncer un monde de la finance et du pouvoir froid, calculateur et impitoyable où la bêtise et l’égoïsme priment au détriment des justes et des innocents. Le titre est d’ailleurs à double sens car le mot fortune est à prendre au sens étymologique signifiant le destin et non la richesse. Pour pouvoir comprendre le roman, il faut une bonne dose de connaissances en histoire politique et économique et il n’est donc pas accessible à tout le monde.

Le reproche que l’on pourrait faire est la superficialité de certains personnages. Ainsi celui de Sila n’est
présent que pour incarner la victime innocente et contrairement aux personnages de Matthieu, Simon ou même Ruffle, sa vie est vraiment retracée en pointillé ce qui à mon sens annonce déjà la fin du livre alors qu’on en a seulement parcouru la moitié.

Finalement, c’est un livre qui fait peur car en le terminant, on se demande si la réalité n’est pas aussi noire que la fiction.